En bonus, quelques conseils de lecture de la part d’Antoinette Guhl

« Le monde sans nous », Alan Weiseman – Flammarion, 2007

Admettons que le pire soit arrivé. Imaginons un monde dont nous aurions tous soudain disparu. Et voyons ce qu’il reste… La nature reprendrait-elle ses droits ? Combien faudrait-il d’années au climat pour retrouver son niveau d’avant l’âge industriel ? Qu’adviendrait-il des réacteurs de nos centrales ? Quels animaux prospéreraient et quelles races s’éteindraient ?… Ces questions, et beaucoup d’autres – des plus sérieuses aux plus saugrenues -, sont celles que le journaliste Alan Weisman, plusieurs fois primé pour ses reportages (The New York Times Magazine, The Atlantic Monthly, Discover), nous invite à explorer. Parcourant les cinq continents, convoquant de nombreux experts – climatologues, botanistes, spécialistes de l’écologie, architectes, géographes… -, il nous offre ici un passionnant reportage – où la réalité dépasse la (science) fiction.

« La grande promesse », Hugues Sibille – Rue de l’Echiquier, 2016

L’innovation sociale repose sur un principe : les solutions n’attendent pas le grand soir. Elle se décline au pluriel, expérimentant de multiples utopies réalistes pour répondre à de multiples besoins : se nourrir sainement et sans gaspiller, se loger convenablement en respectant la planète, insérer les chômeurs dans une activité de qualité, faire reculer le décrochage scolaire, accéder aux technologies indispensables au monde contemporain, se former tout au long de la vie, se déplacer librement et sobrement, sortir du surendettement, vieillir et mourir dans la dignité…

Selon certains, l’innovation sociale est une voie de « transformation » vers une société plus équitable, plus durable, une façon de démocratiser l’économie en la rapprochant du citoyen, de faire émerger de nouveaux modèles de développement. Pour d’autres, elle est un moyen utilisé par l’État et les collectivités publiques pour se désengager de politiques sociales devenues trop coûteuses et inefficaces. Ceux-là l’espèrent, ceux-ci la craignent comme rationalisation budgétaire ou transfert de missions sociales vers le privé pour traiter la solidarité à bas coût.

En s’appuyant sur sa grande expérience du secteur, Hugues Sibille nous livre avec conviction et clarté sa vision politique de l’innovation sociale, de son potentiel et de ses limites.

 « Réinventer le progrès », Laurent Berger et Pascal Canfin – Les petits matins, 2016

Le dirigeant d’une organisation syndicale française dialogue avec le directeur d’une ONG environnementale autour des enjeux de l’indispensable transition écologique. Un échange essentiel.

Comment redessiner un futur qui fasse envie ? La mondialisation bouscule nos repères ; la révolution numérique remet en cause les formes traditionnelles du travail ; la croissance est en panne, et sa relance sous sa forme actuelle n’est pas souhaitable en raison des dégâts environnementaux qu’elle engendre.
Et si, au fond, ces bouleversements étaient une occasion de renouer avec le progrès ? Car, oui, il est possible de concilier le progrès social et la transition écologique, nous disent Laurent Berger et Pascal Canfin. Sans minimiser les contraintes ni promettre de solutions magiques – et tout en poursuivant l’objectif d’émancipation que porte historiquement le mouvement social –, le dirigeant syndical et le responsable écologiste apportent une réponse à tous ceux qui voient dans l’écologie une ennemie de l’emploi. Ils proposent des solutions innovantes pour réinventer une société à la fois ouverte et protectrice, soutenable et pourvoyeuse de bien-être pour tous.

« Ecologiser l’homme », Edgar Morin – Lemieux, 2016

L’écologie est une donnée fondamentale de la pensée humaniste d’Edgar Morin. Précurseur dans les années 1970 avec un texte intitulé « L’an I de l’ère écologique », le philosophe n’a cessé depuis de réfléchir, ajuster, chercher à convaincre d’une nécessaire « écologisation » de la politique française.
Pour Edgar Morin, l’écologie politique ne doit pas se cantonner à la défense des animaux, ou uniquement aux effets du réchauffement climatique mais faire un tout concernant l’avenir de l’individu, de la société et de l’espèce humaine : l’Homme a besoin de la Terre qui a besoin de l’Homme. Face au développement techno-scientifico-économique qui dégrade la biosphère et nous menace, il s’agit désormais de transformer nos vies et nos modes d’organisation. Tel devra être la nature de notre futur.

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