3 questions à… Bruno Torres, entrepreneur d’une microbrasserie du 20e

Début janvier 2016, le groupe local EELV Paris 20e a choisi de plancher sur les questions d’emploi, de chômage, de précarité mais aussi sur les solutions écologistes à la crise économique et au chômage de masse. Le chômage est la première préoccupation de nos concitoyens. Et sur ce point comme sur d’autres, l’analyse et les solutions écologistes se distinguent des autres partis, car nous prenons en considération les limites des ressources de la planète et les limites de la croissance. Une des premières actions des écologistes consiste à visiter les centres d’activités implantés dans le 20e qui participent au développement économique, à résoudre le problème du chômage tout en respectant l’environnement et les liens sociaux.

Vendredi 19 février, une dizaine de militants EELV du 20e et de Paris a visité la microbrasserie La Baleine située près de la Porte de Bagnolet dans le 20e. L’installation d’une petite industrie alimentaire dans le 20e participe à la relocalisation de l’activité. Bruno Torres, le gérant nous a expliqué les process de fabrication, les recettes pour concocter les 4 bières de la gamme principale et les bières d’édition spéciale, et la manière dont il a monté sa petite entreprise. La visite s’est terminée par une dégustation et les militants n’ont pu repartir sans emporter quelques bières avec eux.

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Pourquoi avoir choisi de devenir brasseur ?

Pendant 20 ans, j’ai exercé le métier de photographe. Et en septembre 2011, j’ai été licencié et je me suis retrouvé au chômage. Il me fallait trouver un nouvel emploi, mais j’avais envie en même temps de voir autre chose. La photographie est un métier passion. Je ne pouvais pas quitter ce métier sans en trouver un autre qui me donne autant envie de m’investir.

Concernant la brasserie, je n’ai pas fait de rencontre particulière, mais j’ai beaucoup lu sur le sujet, avant de me dire que c’était possible et que cela pouvait me plaire. Je me suis financé une formation de 3 jours à l’Institut Français des Boissons, de la Brasserie et de la Malterie (IFBM) à Nancy. J’y ai appris tout sur la création d’une microbrasserie, de l’idée aux techniques de brassage en passant par les questions administratives. Après cette formation, j’étais encore plus motivé pour faire ce changement de carrière et monter ma propre microbrasserie.

Comment avez-vous monté votre entreprise ?

Quand j’ai été licencié, je pouvais bénéficier de 2 ans de financement par Pôle Emploi. 2 ans c’est à la fois long, mais aussi très court pour monter une entreprise. Au début, j’étais suivi par Pôle Emploi puisque la démarche est obligatoire. Mais très vite, je me suis tourné vers la Maison de l’Entrepreneur à Paris. Là, j’ai vraiment fait un bond en avant. Grâce à eux, j’ai pu réaliser mon business plan. Puis, pour obtenir un prêt, je me suis tourné vers Paris Initiative Entreprise (PIE). Je devais présenter mon projet, passer devant une commission… Finalement, le prêt m’a été accordé et ils m’ont proposé un parrainage. Le parrainage avec Hervé Bouzanquet a vraiment été une super expérience. Hervé Bouzanquet est un entrepreneur à la retraite, qui a dirigé plusieurs entreprises, dont certaines dans le secteur du matériel informatique. Il m’a vraiment beaucoup aidé non seulement pour la fabrication de la bière, mais aussi pour les questions administratives. Monter une entreprise seul n’est pas toujours facile. Finalement, il m’a fallu un an et demi pour créer cette entreprise. J’ai déposé les statuts en mai 2013 et j’ai commencé l’activité en juin 2013. Dans ce temps, il m’a fallu : me former, stabiliser les recettes, acheter les cuves, réaliser mon business plan, trouver des locaux etc.

Pourquoi avoir choisi de s’installer dans le 20e ?

A vrai dire, j’ai cherché des locaux un peu partout, mais j’espérais bien trouver quelque chose soit dans le 20e, soit dans le 12e. Il y a une question de prix bien sûr. Mais j’aime aussi beaucoup le 20e. Quand j’exerçais le métier de photographe, j’allais souvent dans un studio photo situé à la limite 11e/20e. Et puis, j’ai des amis dans le 20e et j’avais aussi mes habitudes dans quelques restos et bars du 20e. Maintenant, l’ironie est que ces bars sont devenus mes clients. Finalement, je suis passé par la Régie Immobilière de la Ville de Paris (RIVP) et j’ai trouvé ce local rue Henri Duvernois. Je suis vraiment satisfait du local et du quartier.

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Pour les amateurs de bières artisanales, Bruno Torres accueille les clients qui veulent s’approvisionner pour le week end tous les vendredis soirs entre 17h et 19h au 17 rue Henri Duvernois, Paris 20e, près de Porte de Bagnolet.

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